
La Comtesse de Ségur revue par Voltaire...
Gérolstein s'appelait d'abord Thunder-ten-Tronckh, la principauté du Candide de Voltaire...
Elle a vingt ans et des tresses encore... On l'a tenue à l'écart du pouvoir par des "distractions" (des joujoux, un fiancé débile, la guerre...) et elle s'ennuie. Pour la première fois elle vient voir son armée et c'est le choc "Ah ! que j'aime les militaires !" avec tous les symptômes d'une nymphomanie atavique (son aïeule déjà les aimait jusqu'au crime...) et les exigences d'une tête couronnée à qui tout doit obéir.
Autour d'elle, un général en chef à la Prussienne hystériquement rivé sur son panache, un précepteur-Premier Ministre machiavélique et viscéralement attaché au pouvoir, un prince-prétendant débile, un diplomate sans scrupules... Vanité des vanités...
Et le monde des petits, des sans grades... le monde simple de Candide-Fritz et de Wanda : le monde de l'amour et de l'eau fraîche...
On l'a compris, La Grande-Duchesse est le choc de deux mondes, celui de l'artifice et du pouvoir contre celui de l'authenticité et de la soumission forcée, celui des appétits de toutes sortes contre celui de la simplicité et de l'amour.
Satire tous azimuts datée et intemporelle à la fois. Le bruit des bottes prussiennes de la Grande-Duchesse se fera entendre plus brutalement trois ans après, quelque part vers Sedan, mettant un point final à la fête impériale...
Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles
? ou comme le dit la Grande-Duchesse à la fin, légèrement désenchantée Quand on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a
.

La Grande-Duchesse de Gérolstein est un opéra bouffe en 3 actes et 4 tableaux de Henri Meilhac et Ludovic Halévy sur une musique de Jacques Offenbach.
Il fut créé à Paris, au théâtre des Variétés, le 12 avril 1867 au moment de l'ouverture de l'Exposition Internationale. Parodie de l'esprit militaire déformé, de l'amour du galon, des honneurs superficiels, il connut un succès immédiat. Elle raillait la guerre qu'on ne soupçonnait pas si proche. Tout Paris s'en amusa. Napoléon III assista à la douzième représentation. Tous les souverains invités à l'exposition eurent à cœur d'aller applaudir Offenbach et sa magnifique interprète, Hortense Schneider. La loge d'Hortense était devenue le rendez-vous à la mode : toute l'Europe s'y pressait aux entractes, au point qu'on la surnomma le "passage des princes".
Le livret aurait seul suffi au succès, mais la partition sut l'enrichir avec son chœur des conjurés parodie de la Bénédiction des poignards des Huguenots de Meyerbeer, avec ses passages militaires tonitruants du Piff ! Paff !Pouf ! du Ah ! que j'aime les militaires !, sa chanson du Sabre de mon père ; mais aussi d'ensembles étourdissants de virtuosité comme L'ensemble des nerfs et Le carillon de ma Grand-mère, ou de fine pénétration psychologique Dites-lui... ou les Couplets de la plume ou encore la méditation sur le Charmant petit naturel...
Paris fit à la Grande-Duchesse le même accueil qu'il réserva aux souverains venus visiter l'Exposition. Offenbach fut consacré roi de l'opérette, Hortense Schneider – qui incarna la Grande-Duchesse – en fut la reine.
11 août à 21h, Salle communale de Castetnau-Camblong.
Avec la troupe des représentations des 14 et 16 août à Navarrenx et Salies-de-Béarn.
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